En argentique ou en numérique, les boîtiers et les objectifs de la marque allemande ont vu leurs prix boostés sous la poussée des collectionneurs Chinois.

La vente aux enchères de la galerie viennoise WestLicht, en mai 2011, a marqué le retour au premier plan des appareils photo Leica. Un boîtier d’une série limitée de 1923 a atteint 1,32 millions d’euros. La « Rolls » de la photo n’a pas usurpé son nom.

[quote]Nous sommes surpris, même si depuis quelques années, les prix ont beaucoup monté sous la poussée des collectionneurs chinois, avait déclaré le propriétaire de la galerie, Peter Coeln. [/quote]

Leica 1923

> L’inventeur du 24 x 36, un standard mondial

La marque allemande jouit d’une aura incontestable. Leica a fait opérer un tournant à la photographie. Ses ingénieurs ont inventé un format d’images, le 24 x 36, devenu le standard mondial. Cela a permis de miniaturiser les appareils et de rendre plus facile leur utilisation. Ils devenaient plus pratique pour le reportage. Olivier Touron, photographe indépendant, a acquis plusieurs Leica qu’il utilise au quotidien :

[quote]J’ai toujours adopté des appareils manuels avec une focale fixe, pas de zoom. J’aime aussi l’objet, son design sobre, avec peu de boutons, la petite taille, et bien sûr la qualité ! Celle des objectifs notamment.[/quote]

Au début des années 2000, les Leica ont connu un trou d’air. Lassés par leurs prix élevés et déçus par le non-renouvellement des gammes, les utilisateurs les lâchaient pour des boîtiers numériques. En 2005, la firme de Solms enregistre une perte de 10 millions d’euros. Rachetée par l’Autrichien Andreas Kaufmann, alliée au Japonais Panasonic pour opérer le virage numérique, elle a réalisé un bénéfice de 35 millions d’euros en 2010. Raison de plus pour surveiller la cote des occasions car même en numérique, les boîtiers et les objectifs Leica prennent souvent de la valeur.

Mais attention : si les séries limitées, comme le Leica M9 Titanium numérique, devraient prendre de la valeur, les circuits numériques peuvent être dépassés dans cinq ans. Il n’y a aucune certitude sur leurs prix de revente…

Leica reflex

Les accros de la marque préfèrent généralement  les boîtiers argentiques des années 50 et 60 (M2 et M3), ceux qu’ont utilisés leurs idoles, de Henri Cartier-Bresson à Robert Doisneau. Ils les achètent à partir de 800 euros dans des boutiques spécialisées, à la Foire de la photographie de Bièvres ou de la main à la main, sur des sites comme eBay ou Summilux.

Mais il faut prendre en compte une multitude de facteurs comme la rareté des séries, l’année de fabrication, la présence de l’emballage d’origine, un diaphragme par gomme, un objectif sans champignons, le bon réglage de la vitesse de la vitesse de l’appareil… Le parfait état de fonctionnement est aussi déterminant que l’esthétique. Surtout pour les nostalgiques de l’argentique qui se réjouissent de tirer leurs photos du week-end en grand format.

Leica m7 argentique